Changer de vie pour la pâtisserie

GRAND ECART d’Alix:
De la finance à la pâtisserie!

Une très jolie rencontre ce vendredi avec Alix qui a quitté un super job très prenant pour faire de sa passion un métier et surtout retrouver un équilibre entre sa vie professionnelle et sa vie personnelle.  Elle nous raconte son parcours et nous parle de sa jolie entreprise Ohlesbeauxdesserts.fr. Amis gourmands, vous allez adorer!

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Qui es-tu Alix ?

Je suis Parisienne et j’ai toujours vécu à Paris. Je suis mariée depuis 9 ans et nous avons aujourd’hui 3 enfants de 7 ans, 5 ans et 9 mois.

Je m’étais toujours dit durant mes études, qu’un jour je monterai ma boîte, même si je ne savais pas quelle forme cela prendrait et quand je le ferai.

Quel parcours scolaire as-tu suivi ?

J’ai étudié au lycée Sainte Marie à Neuilly sur Seine et comme j’avais de bons résultats, mes parents m’ont poussé à faire une bonne classe préparatoire aux grandes écoles de commerce, ce que j’ai fait.

J’ai ensuite pu intégrer l’école de commerce de l’EM Lyon. Même si ce n’était pas forcément mon choix, je ne regrette rien du tout, c’était une très bonne expérience. A l’EM Lyon, le commerce est très tourné vers l’entreprenariat. Nous avions beaucoup de projets autour de cela comme la création de business virtuels.

Je m’étais toujours dit durant mes études, qu’un jour je monterai ma boîte, même si je ne savais pas quelle forme cela prendrait et quand je le ferai. Je ne voulais pas me lancer tout de suite en sortant de l’école car je voulais d’abord me former.

Un jour on s’est regardés et on s’est dit : « Ce n’est pas possible, on n’a pas décidé d’avoir des enfants pour ne pas les voir et qu’ils soient élevés par des nounous !».

Quel a été ton premier poste après l’école ?

J’ai commencé chez Fortis en Asset Management (gestion d’actifs). Au bout de 5 ans, la société s’est faite racheter par BNP Paribas, entreprise Franco-Française, et c’est devenu plus compliqué car les salariés de Fortis étaient moins favorisés que ceux de BNP. J’ai aussi été bloquée car j’étais une femme mariée avec des enfants donc ça a été très compliqué de percer. Je me suis quand même battue et j’ai réussi à avoir le job que je voulais et je l’ai fait pendant 2 ans. C’était génial, je bossais comme une folle et je voyageais au moins un jour par semaine à l’étranger. En revanche, j’avais à l’époque deux enfants en bas âge et je ne les voyais presque plus. Mon mari avait un travail assez prenant également. Un jour on s’est regardés et on s’est dit : « Ce n’est pas possible, on n’a pas décidé d’avoir des enfants pour ne pas les voir et qu’ils soient élevés par des nounous !».

Un plan social est arrivé chez BNP. Pour faire partie de ce plan, il y avait deux conditions : soit avoir déjà retrouvé un emploi, soit monter sa boîte. Et donc énorme opportunité pour moi ! Je me suis dis que c’était le moment, et qu’il fallait que je me lance !

C’est à ce moment là que tu as eu le déclic ?

En fait, au même moment, un plan social est arrivé chez BNP. Pour faire partie de ce plan, il y avait deux conditions : soit avoir déjà retrouvé un emploi, soit monter sa boîte. Et donc énorme opportunité pour moi ! Je me suis dis que c’était le moment, et qu’il fallait que je me lance ! C’est une décision familiale que l’on a prise avec mon mari et ça c’était très important pour moi.

Avais-tu une idée d’entreprise au départ ?

Au départ, je voulais proposer des activités de loisirs pour les jeunes retraités dans 3 domaines : culturels, loisirs créatifs et culinaires, tout en mélangeant les générations. J’ai donc commencé à travailler sur cette idée.

Dans le cadre du plan social, j’avais un budget formation très important et je n’avais pas envie de le gaspiller en faisant plusieurs petites formations! Je voulais reprendre vraiment des études et approfondir un domaine. Je me suis rendue compte que ce que je voulais faire c’était la partie culinaire, la développer, l’animer et déléguer la partie loisirs et activités culturels car c’était moins mon truc. J’ai commencé à creuser le sujet et j’en ai beaucoup parlé autour de moi. J’avais le choix entre la pâtisserie et la cuisine et je trouvais la pâtisserie plus sympa, car c’était plus minutieux, précis et rigoureux et on a plus besoin d’apprendre la pâtisserie que la cuisine je pense. Je trouvais très sympa d’aller apprendre aux autres la pâtisserie car c’est un moment qui est très convivial.

J’ai eu beaucoup de chance d’être prise dans ce CAP car ce n’était pas gagné : il y a 2 sessions par an, 24 places par sessions pour plus de 500 demandes !

Quelle formation as-tu choisi ?

J’ai passé pas mal d’entretiens pour être prise dans une école de pâtisserie. Grâce à ma persévérance j’ai été accepté à Ferrandi : la grande école de gastronomie en France et dans le monde. J’ai eu beaucoup de chance d’être prise dans ce CAP car ce n’était pas gagné : il y a 2 sessions par an, 24 places par sessions pour plus de 500 demandes !

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Est-ce que la formation t’a plu ?

La formation a duré 6 mois et je me sentais complètement dans mon élément. Je commençais à 6h30 le matin et je rentrais chez moi à 18h donc je ne voyais toujours pas beaucoup mes enfants mais je savais que c’était temporaire et vraiment j’adorais ce que je faisais !

Pendant ces 6 mois, j’ai rencontré plein de gens et les profils étaient variés : sur les 24, seulement 5 venaient de l’entreprise classique, les autres venaient du monde de la restauration : serveurs, vendeurs ou cuisiniers.

J’ai donc complètement changé mon fusil d’épaule et j’ai décidé d’ouvrir une pâtisserie sur Internet.

As-tu conservé ton idée de départ suite à cette formation ?

En discutant avec toutes ces personnes, je me suis dit que c’était la pâtisserie qu’il fallait que je fasse et que je me lance là-dedans à 100%. J’ai donc complètement changé mon fusil d’épaule et j’ai décidé d’ouvrir une pâtisserie sur Internet. Je ne voulais pas avoir les contraintes d’une pâtisserie en boutique (gestion du personnel, grande amplitude horaire) car j’étais seule à monter ce projet.

Comment as-tu organisé cette nouvelle activité ?

Changer-de-vie-logoDepuis quelques mois, j’ai démarré mon entreprise : ohLesBeauxDesserts. Je vends aux particuliers et aux entreprises quand elles font des événements internes et externes. Pour les livraisons, j’ai des glacières professionnelles que je mets dans la voiture familiale. La chaine du froid est complètement respectée.

Mon objectif est de vendre mes pâtisseries aux restaurateurs. A Paris et proche banlieue, il y a un marché gigantesque puisque la plupart des restaurateurs n’ont pas les moyens physiques et financiers de faire leurs propres pâtisseries.

Quels sont tes projets à court et moyen terme ?

J’ai trouvé un laboratoire pour pâtisserie en début d’année. C’est un endroit où je peux produire en grande quantité car à terme, mon objectif est de vendre mes pâtisseries aux restaurateurs. A Paris et proche banlieue, il y a un marché gigantesque puisque la plupart des restaurateurs n’ont pas les moyens physiques et financiers de préparer leurs propres pâtisseries. Soit c’est le cuisinier qui fait 3 desserts du type fondant, crème brûlée et tarte, soit ils achètent, et, dans la grande majorité des cas, ce sont des desserts congelés de chez Métro ce qui est quand même bien dommage ! Pour une dizaine de centimes d’euros de plus, le restaurateur peut avoir un dessert frais et fait maison.

Pour l’instant je fais tout toute seule mais mon objectif est d’embaucher un pâtissier et un livreur par la suite. Mes études de commerce me permettront de gérer ce nouveau business. Je garderai la main sur les recettes et le rendu final tandis que le pâtissier ira deux fois plus vite que moi pour la préparation!

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Quand une femme quitte son travail pour monter son entreprise c’est pour arrêter de bosser et s’occuper de ses enfants.

Quelles ont été les réactions de ton entourage quand tu as décider de changer de vie?

Nous sommes entourés de personnes qui ont fait des écoles de commerce et qui ont des postes importants dans des grandes entreprises. Parmi eux, certains commencent à monter leurs propres sociétés après 10 ans dans une entreprise mais ce sont majoritairement des hommes. Alors quand une femme quitte son travail pour monter son entreprise c’est pour arrêter de bosser et s’occuper de ses enfants. C’est un peu frustrant. Effectivement, je travaille moins qu’avant, je gagne moins d’argent donc dans la tête des gens ça veut peut-être dire que je ne travaille plus ! Mes copines qui ont plusieurs enfants commencent un peu à m’envier mais est-ce qu’elles oseront passer le cap ? Je ne sais pas.

Personnellement je ne sais pas si j’aurais sauté le pas si je n’avais pas eu ce plan social car c’est une aide gigantesque. C’est très important d’être accompagné.

Les relations avec les enfants et entre nous se sont apaisées. Il y a beaucoup moins de stress. Avant, on se répartissait la gestion des enfants et on avait aussi une nounou qui restait un soir par semaine jusqu’à ce que le premier de nous deux rentre. Honnêtement on avait un peu une vie de con.

Quel bilan dresses-tu après ces quelques mois ?

J’ai énormément gagné en flexibilité. Si je veux travailler de 22h à 3h du matin, je peux le faire. Je n’ai pas un patron derrière moi qui me dit qu’il faut que ce soit rendu pour 18h. Cette liberté est géniale.

J’ai fait en revanche une énorme croix sur mon salaire : je gagne 10 fois moins qu’avant. Mais c’est un choix familial et nous en sommes ravis. On part aujourd’hui un peu moins loin en vacances, on ne va plus changer d’appartement tous les 3 ans comme c’était le cas avant mais on ne regrette pas du tout. Mon mari est présent, me soutient, m’aide et gère beaucoup de choses. J’ai l’impression qu’il vit mon aventure entrepreneuriale à travers moi. On savait que pendant quelques années ce serait lui qui rapporterait l’argent à la maison.

Les relations avec les enfants et entre nous se sont apaisées. Il y a beaucoup moins de stress. Avant, on se répartissait la gestion des enfants et on avait aussi une nounou qui restait un soir par semaine jusqu’à ce que le premier de nous deux rentre. Honnêtement on avait un peu une vie de con. Je suis hyper contente d’avoir fait ce choix !

J’ai gagné une telle liberté et j’ai découvert mes enfants en quittant mon travail.

As-tu des regrets par rapport à « ta vie d’avant » ?

Le quotidien avec mes collègues me manque : les déjeuners, les pauses café et le fait de pouvoir discuter avec eux. Je trouve que je suis seule quand même aujourd’hui. J’ai des échanges avec mes clients quand je vais les livrer mais ça dure seulement 3 minutes. Mon ancien travail me manque aussi car il était très sympa.

Mais à coté de ça, j’ai gagné une telle liberté et j’ai « découvert mes enfants » en quittant mon travail. C’est hyper triste à dire mais c’est la réalité.

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Retrouvez également sur le blog le témoignage de Perrine: Du commerce à la psychomotricité!

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5 Comments
  • Romain
    juillet 10, 2015

    Un super exemple de grand écart réussi!

  • Marielle
    juillet 10, 2015

    Hihihiihhii quel grand écart, félicitation pour ce courage!!!

    C’est très drôle, on pourrait presque dire que j’ai fait le chemin inverse!!!

    Chouette parcours, chouette projet!!!! Bonne continuation, je vous souhaite que la vie vous sourit!!!

    • legrandecart
      juillet 15, 2015

      Merci pour elle Marielle! On parle de ton expérience quand tu veux ;-)

  • Virginie
    juillet 22, 2015

    Grand écart réussi, bravo!

  • Anne-Charlotte
    novembre 13, 2015

    Bravo c’est vraiment super!

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