Changer de vie pour devenir wedding planner!

GRAND ECART de Laurence:
De Professeur d’Histoire-Géo à Organisatrice de mariage !

Coup de coeur aujourd’hui pour la jolie reconversion professionnelle de Laurence! Elle a eu le culot de quitter un métier stable (#professeur #EducationNationale #FonctionPublique) pour créer son entreprise d’organisation de mariage! Epanouie et forte de sa réussite, elle nous raconte son parcours, ses doutes et ses succès. 

credit: Emmanuel Puzzle Photographe

credit: Emmanuel Puzzle Photographe

D’où viens-tu Laurence? 

Je suis née à Castres dans le Tarn, où je n’ai vécu que 6 mois. Le reste de mon enfance s’est déroulé dans la banlieue toulousaine où j’ai fait toute ma scolarité de la maternelle à l’université.

Quels étaient tes rêves et tes projets quand tu étais petite ?

Comme beaucoup de petites filles, j’ai voulu être maîtresse d’école. Au lycée, je rêvais d’être journaliste mais, à ce moment là, l’école de journalisme était à Strasbourg et, à 17 ans, quand j’ai eu mon Bac, mes parents n’ont pas voulu que je parte… Je me suis donc inscrite en Fac.

Quel est ton parcours scolaire?

En arrivant à la Fac, je voulais m’inscrire en Lettres modernes (l’amour des mots ne m’a jamais quitté) mais, en voyant les coefficients du latin au CAPES, j’ai pris peur (lol) et j’ai bifurqué en Histoire. Au bout de 6 mois, je voulais abandonner et m’inscrire en Anglais. Mais mes parents (encore !) ont mis leur véto. J’ai donc continué et obtenu un Master puis le CAPES l’année suivante.

A 22 ans, je suis devenue professeur d’Histoire-Géographie.

Quel métier faisais-tu avant de changer de vie?

A 22 ans, je suis devenue professeur d’Histoire-Géographie. Mon 1er poste a été dans le Cantal et je suis, par chance, revenue dans l’Académie de Toulouse l’année suivante. J’ai enseigné en collège, puis en lycée et j’ai terminé par le collège, à nouveau.

J’ai toujours enseigné ma matière en disant qu’elle était un moyen de s’éveiller au monde, de comprendre le présent en s’appuyant sur le passé, de découvrir des pays avec leurs spécificités, leurs différences.

Est-ce que ce métier te plaisait ?

Forcément ! On ne peut pas être prof pendant 20 ans sans que ça plaise. J’ai adoré le contact avec les élèves, surtout les lycéens. Avoir des adolescents, presque adultes, en face de soi, leur faire découvrir le monde, c’est très stimulant. J’ai toujours enseigné ma matière en disant qu’elle était un moyen de s’éveiller au monde, de comprendre le présent en s’appuyant sur le passé, de découvrir des pays avec leurs spécificités, leurs différences.

A quel moment as-tu eu envie de changer de vie ? 

J’ai commencé à « douter » vers 2006. Je n’arrivais plus, me semblait-il, à captiver les élèves. Cette génération, sans curiosité, sans esprit de révolte m’a fait me poser beaucoup de questions. J’ai alors tenté de postuler dans des activités plus « culturelles » mais un BAC + 5 avec une spécialisation en Histoire ouvre peu de portes (du moins, restreint les possibilités de mobilité).

Le déclic s’est produit sur un forum de mariage. C’est là que j’ai su que je voulais faire le «grand écart » !

Quel a été le déclic ?

Le déclic s’est produit sur un forum de mariage. Je me suis beaucoup investie pour conseiller les futures mariées et j’ai rencontré Marie, propriétaire d’un domaine, wedding planner d’expérience, qui m’a ouvert son monde et m’a offert l’opportunité de la seconder sur un mariage. C’est là que j’ai su que je voulais faire le « grand écart » !

Peux-tu nous présenter ton nouveau métier ?

Je suis donc devenue wedding planner en 2011. C’est un métier passionnant mais chronophage. Je gère des dizaines de mariage par an et, en même temps, ceux de l’année suivante. Ca va de l’organisation complète, à la décoration, la cérémonie laïque… C’est un métier avec de multiples facettes.

Honnêtement, j’ai plus perdu d’argent pendant 2 ans que j’en ai gagné mais j’ai construit mon image, pas à pas , j’ai beaucoup donné de mon temps et toute mon énergie pour en arriver là.

Comment se sont passés tes débuts ?

Fort bien ! J’ai eu la chance que, sans aucune expérience, des futures mariées me fassent confiance. Honnêtement, j’ai plus perdu d’argent pendant 2 ans que j’en ai gagné (achat de déco, déplacements…) mais j’ai construit mon image, pas à pas , j’ai beaucoup donné de mon temps et toute mon énergie pour en arriver là.

Ce n’est pas toujours facile mais l’équilibre personnel est essentiel pour s’épanouir professionnellement (et inversement).

Quel est ton quotidien aujourd’hui ?

Le 1er plaisir est la gestion de sa journée. Quand je ne suis pas en RDV ou en prestation (c’est une activité intense de mai à octobre), je peux rester chez moi et travailler à partir de mon ordinateur, sans être maquillée ni coiffée ! J’arrive désormais à organiser mon emploi du temps pour m’occuper de mes 3 enfants, de ma maison et garder du temps pour ma vie privée. Ce n’est pas toujours facile mais l’équilibre personnel est essentiel pour s’épanouir professionnellement (et inversement).

crédit: Tant de poses

crédit: Tant de poses

As-tu rencontré des difficultés ? Des doutes ?

Bien sûr ! Chaque couple pense que tu ne t’occupes que de son mariage donc te demande énormément. J’ai beaucoup galéré avec les prestataires, surtout la saison dernière, qui manquaient de réactivité et de professionnalisme. Et oui, je doute, souvent mais c’est positif parce que ça me permet d’avancer, de me remettre en question et de savoir que rien n’est jamais acquis.

As-tu été soutenue par ton entourage ?

Oh oui ! Et heureusement. Mon mari a vite compris que j’étouffais dans ma vie de prof. Il a accepté la double activité en reprenant le flambeau à la maison (ça a aussi correspondu à un moment où il était davantage disponible). Il m’a soutenue, réconfortée, boostée, félicitée.

Et puis j’ai rencontré Fanny, qui est devenue, depuis peu, mon associée. A 2, c’est plus facile. Nous nous complétons parfaitement, nous partageons nos idées, nos envies, notre passion commune. Quand l’une doute, l’autre la rassure. Nous vivons les bons et les (rares) mauvais moments ensemble. Ca permet de relativiser et sans cesse d’avoir de nouveaux projets.

Je crois que je suis tombée par hasard dans l’Education Nationale. J’aimais la relation avec les élèves mais pas du tout la salle des profs !!

Quel regard portes-tu aujourd’hui sur ton « ancienne vie » ? As-tu des regrets ?

Je ne regrette rien, ça ne sert à rien. Je me suis investie, j’ai beaucoup donné mais beaucoup appris aussi. Je suis encore en contact avec beaucoup de mes anciens élèves, qui sont devenus adultes, parents. Je crois que je suis tombée par hasard dans l’Education Nationale. Je ne suis jamais entrée dans le moule, j’ai d’ailleurs quasiment aucun ami prof ! J’aimais la relation avec les élèves mais pas du tout la salle des profs !!

Te sens-tu plus heureuse et épanouie aujourd’hui ?

C’est une évidence. Ce n’est pas tous les jours fabuleux, enchanteur, excitant (mais existe-t-il des métiers où on s’éclate tout le temps ?). Je n’ai plus aucune monotonie, je ne répète plus plusieurs fois par jour la même chose et je ne corrige plus de copies !!!

Passer de 2700 euros net par mois avec 16 semaines de vacances par an à un revenu plus aléatoire, manquer de s’évanouir en comprenant la différence entre chiffre d’affaires et bénéfices et ne pas avoir de sécurité financière, ça ne se fait pas en un claquement de doigts.

Comment ça se passe financièrement ?

Ah ah ! Effectivement, passer de 2700 euros net par mois avec 16 semaines de vacances par an à un revenu plus aléatoire, manquer de s’évanouir en comprenant la différence entre chiffre d’affaires et bénéfices et ne pas avoir de sécurité financière, ça ne se fait pas en un claquement de doigts. Il faut apprendre à vivre avec, à accepter. Je n’ai pas la chance d’avoir un conjoint qui peut assurer sereinement le quotidien (il est commercial) mais c’est un challenge à relever et ça fait partie de l’aventure.

Quels sont tes projets ?

Nous allons conserver uniquement l’organisation complète pour les couples étrangers (j’ai la chance de bien maîtriser l’anglais) et nous concentrer sur la décoration et les cérémonies laïques en 2017.

En parallèle, nous développons une activité de brunch, cocktail et autres prestations en petits comités dans laquelle nous allons nous consacrer à la mise en scène. Un nouveau concept qui allie les produits de qualité à une présentation originale et soignée.

Je pense qu’on a plusieurs vies et que choisir, c’est renoncer. Alors autant assumer et se battre pour que ça marche !

Et si c’était à refaire ?

Si j’avais 17 ans, je dirais à mes parents que je pars faire cette école de journalisme à Strasbourg. Si j’avais 21 ans, je leur dirais que je reste vivre à New York (où on m’a proposé un poste de jeune fille au pair pendant 1 an). Mais j’en ai 46 et je ne regrette rien. Je pense qu’on a plusieurs vies et que choisir, c’est renoncer. Alors autant assumer et se battre pour que ça marche !

crédit: Emmanuel Puzzle Photographe

crédit: Emmanuel Puzzle Photographe

Pour en savoir plus sur l’activité de Laurence, RDV sur son site www.legeriedubonheur.com


 

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Grand Ecart d’Annie: de Juriste à Photographe

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1 Comment
  • VAN BUTSELE Coraline
    octobre 25, 2016

    Un très joli témoignage! Une démarche courageuse, un bel exemple de reconversion!

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