Changer de vie pour devenir Officiante de cérémonie!

GRAND ECART de Nolwenn :
De Consultante en communication à Officiante de cérémonie laïque !

Nolwenn a « créé » son métier d’officiante de cérémonie laïque et comme je suis une amoureuse des mariages ;-), son activité m’a tout de suite touché! Alors que personne ne croyait vraiment en cette idée, Nolwenn a suivi son instinct et a créé avec passion un métier sur-mesure. Elle nous raconte son parcours, son déclic, ses difficultés et ce changement de vie. Sa joie de vivre, son optimisme et sa motivation font beaucoup de bien en ce vendredi matin nuageux!

 

© Jean-Louis Brun

© Jean-Louis Brun

 

D’où viens-tu Nolwenn ?

J’ai grandi en Bretagne mais je vis en région parisienne depuis 2007. J’étais venue à Paris pour un stage de 2 mois à la fin de mes études et finalement, je ne suis jamais repartie ! Je vis aujourd’hui un peu plus au vert à Saint-Germain-en-Laye (78).

Quels étaient tes rêves et tes projets quand tu étais petite ?

Petite, j’ai eu envie de faire tous les métiers ou presque ! J’ai voulu être institutrice pendant longtemps, jusqu’au jour où j’ai fait un stage de découverte dans mon ancienne école primaire. Au bout d’une semaine, je n’avais plus du tout envie de faire ce métier : être avec 30 enfants toute la journée, ce n’était pas pour moi ! Ensuite, j’ai voulu être médecin, puis psychologue scolaire et ensuite journaliste car j’adorais écrire.

Quel est ton parcours scolaire?

J’ai fait une maîtrise de Lettres, ainsi qu’un peu de psycho, et un master Métiers du texte et de l’édition, dont je suis sortie major de promo. Les cours étaient donnés par des professionnels, c’était hyper intéressant.

Quel métier faisais-tu avant ta reconversion ?

J’ai commencé ma carrière comme journaliste au sein du groupe Bayard Presse. J’y avais fait mon stage de fin d’études avec deux de mes professeurs. Et j’ai eu la chance qu’un de leurs collaborateurs parte, juste avant la fin de mon stage. Ils m’ont donc proposé un CDD, puis un CDI. Je suis restée là-bas un an et demi puis j’ai décidé de partir en agence de communication : je n’avais pas seulement envie d’écrire, j’avais envie de créer des projets. J’y suis restée deux ans, avant de démissionner une nouvelle fois, pour aller dans une autre agence qui me proposait un nouveau challenge.

Souvent, on me confiait d’énormes responsabilités mais quand on parlait promotion ou augmentation, on me rappelait que je n’avais que 23 ou 24 ans…

Est-ce que ce métier te plaisait ?

Au début, oui. Mais chaque fois, j’avais du mal à trouver ma place dans ces entreprises : je m’investis toujours à 300% dans ce que je fais et je n’avais pas l’impression que mes efforts étaient reconnus. Souvent, on me confiait d’énormes responsabilités mais quand on parlait promotion ou augmentation, on me rappelait que je n’avais que 23 ou 24 ans… Petit à petit a alors germé dans mon esprit l’idée de me lancer à mon compte…

En 2011, alors que j’étais encore en poste, j’ai donc commencé à envoyer mon CV à plusieurs agences de communication : je leur disais que j’étais freelance et que je pouvais, soit écrire des contenus pour leurs clients, soit travailler sur des stratégies éditoriales. 80% des agences m’ont répondu positivement et m’ont tout de suite confié des commandes ! C’était vraiment dingue ! J’ai donc donné ma démission au bout d’une semaine. Et en attendant la fin de mon préavis, j’ai dû cumuler mon travail salarié et la tonne de commandes reçues ! Ça a été très dur !

Quand j’ai enfin pu quitter mon travail et commencer à travailler seule chez moi, j’ai tout de suite été soulagée ! J’avais l’impression d’être enfin libre, d’être actrice de ma vie ! Pendant un an et demi, je n’ai pas eu un seul temps mort, je n’ai pas eu besoin de prospecter une seule fois (à part au lancement). Mes clients étaient contents, ils revenaient d’eux-mêmes vers moi… Je travaillais beaucoup mais c’était la belle vie ! Fin 2012, les budgets se sont réduits et j’ai senti que les commandes commençaient à diminuer. Mais pas de quoi m’inquiéter pour autant : j’étais contente de pouvoir souffler un peu et puis, je préparais mon mariage alors avoir plus de temps pour moi, c’était chouette !

Je m’étais toujours dit que si un jour, je me mariais, j’aimerais organiser une cérémonie, non religieuse, en extérieur, comme dans les séries américaines.

© Ingrid Lepan

© Ingrid Lepan

A quel moment as-tu eu envie de changer de vie ? Quel a été le déclic ?

Le déclic, je l’ai eu en préparant mon mariage.

Je m’étais toujours dit que si un jour, je me mariais, j’aimerais organiser une cérémonie, non religieuse, en extérieur, comme dans les séries américaines. Et quand j’ai entamé les préparatifs de mon mariage, je me suis rendue compte que je n’étais pas la seule à avoir cette envie et que ça commençait à exister en France. Malheureusement, il n’y avait pas encore beaucoup d’informations sur ce sujet. On pouvait lire sur certains blogs « ce type de cérémonie, c’est génial ! On fait ce qu’on veut ! » mais au-delà de ça, ça restait flou. J’ai donc envisagé cette cérémonie comme un projet que m’aurait confié un client. Et petit à petit, je n’ai plus pensé qu’à ça, c’est devenu une véritable obsession ! Comme professionnellement, la période était plus calme, j’ai eu envie d’ouvrir un blog dédié à ces cérémonies dites laïques. Je voulais aider les personnes qui, comme moi, cherchaient des informations sur ces cérémonies, leur donner des conseils (la création de contenus, la conception de projets, c’était mon métier !). Ce blog a tout de suite eu du succès… On m’envoyait plein de messages pour me remercier de partager tout ça.

Au bout de quelques mois, je me suis posée et je me suis demandée ce que je souhaitais faire : démarcher mes anciens clients pour reprendre le flot de mes commandes ou… m’investir davantage dans les cérémonies laïques, qui me passionnaient. Le blog me prenait du temps et je devais faire un choix. Pour être honnête, je n’ai pas hésité longtemps. J’avais le sentiment d’avoir fait le tour de mon ancien métier. Et j’avais envie de prendre des risques ! Au pire, je me disais que je pourrais toujours revenir en arrière…

Tout le monde, y compris les professionnels du secteur, me disait alors qu’il me serait impossible de ne vivre que de ce métier, qu’il fallait faire autre chose à côté. Mais je ne voulais pas y croire ! J’étais persuadée que c’était un vrai métier et qu’on pouvait en vivre ! Et encore une fois, je pouvais très bien changer mon fusil d’épaule si ça ne marchait pas. J’ai donc arrêté mon ancienne activité et pris le temps de créer le service que j’aurais aimé trouver pour mon mariage.

Je suis un peu comme un prêtre ou un pasteur, sauf que ma religion à moi, c’est l’Amour !

Peux-tu nous présenter cette nouvelle activité ?

Je suis officiante de cérémonie laïque, c’est-à-dire que je crée et célèbre des cérémonies non religieuses pour des couples qui souhaitent plus que la cérémonie à la mairie et qui ne veulent ou ne peuvent pas aller dans des lieux de culte. Pour te donner une idée, je suis un peu comme un prêtre ou un pasteur, sauf que ma religion à moi, c’est l’Amour !

Ce type de cérémonies n’est pas réglementé, on peut donc y faire ce que l’on veut ! Pour ma part, je souhaite que les cérémonies ressemblent vraiment aux couples, que chaque mot, que chaque geste traduisent ce qu’ils sont. J’ai donc créé un service innovant, avec des box pleines de questions, de jeux, de surprises, qui me permettent d’apprendre à bien connaître les futurs mariés et petit à petit, d’entrer dans leur vie. Lorsque j’ai suffisamment d’informations, je leur soumets alors des idées pour leur cérémonie, je prends contact avec les proches qu’ils souhaitent faire intervenir. J’écris la cérémonie (entièrement sur-mesure), et le jour du mariage, je la célèbre.

Comment se sont passés tes débuts ?

J’ai lancé officiellement mon activité en novembre 2013 car je voulais que mon mariage soit passé pour pouvoir m’y consacrer pleinement. J’avais peur d’avoir loupé la saison des mariages 2014 mais ça a été dingue ! Les futurs mariés ont tout de suite adoré mon concept de box et j’ai rempli ma saison 2014 en 2 mois seulement ! Je ne m’y attendais pas du tout. Autant je me disais que ça pouvait marcher, autant je ne m’attendais pas à ça !

Je n’ai jamais démarché, jamais fait de pub… Les futurs mariés me contactaient via mon blog. C’était incroyable !

Aujourd’hui, j’ai passé le cap des 2 ans et je m’éclate toujours autant alors qu’avant, 2 ans, c’était le grand max pour moi !

As-tu rencontré des difficultés ? Des doutes ?

Sur la première saison, il a fallu que je trouve mon rythme. Les gens ont l’impression que tu ne travailles que les samedis, les jours de mariage, mais en amont, cela représente énormément de travail.

Les 6 premiers mois, je n’ai pas arrêté, j’étais épuisée et très stressée avant chaque cérémonie. Aujourd’hui, je gère beaucoup mieux mon stress et j’essaie de mieux gérer mon temps. Quand j’ai une cérémonie le samedi, je me garde une journée dans la semaine où j’essaie de faire autre chose. Je limite aussi le nombre de mariages pour que ça reste un plaisir, que ça reste qualitatif, et pour avoir du temps pour mon blog et d’autres projets.

À chaque fois qu’approche mon anniversaire (en novembre), je fais le bilan de l’année écoulée, je me remets en question. D’habitude, c’est une période assez difficile pour moi car j’ai envie de changement ! Mais après la première année d’activité, même si j’étais fatiguée, je n’ai pas eu envie d’arrêter. J’ai plutôt eu envie de développer mon concept et de faire évoluer mon métier en même temps que moi. C’est le truc qui est difficile (impossible ?) à faire quand tu es salariée.

Aujourd’hui, j’ai passé le cap des 2 ans et je m’éclate toujours autant alors qu’avant, 2 ans, c’était le grand max pour moi ! Je crois que ça y est, j’ai enfin trouvé ma voie, même si évidemment, ça ne veut pas dire que je ne vais pas faire évoluer mon activité…

Excepté mon mari, mon entourage n’a jamais compris pourquoi j’ai quitté 3 CDI pour monter une première boîte puis une deuxième, qui plus est dans une période de crise…

@Libre comme l'art

@Libre comme l’art

As-tu été soutenue par ton entourage ?

Par mon mari, toujours ! Je teste sur lui mes idées, il me challenge, il me conseille, il m’encourage. C’est mon supporter numéro 1 et heureusement qu’il est là ! Quand on est entrepreneur, je crois que c’est très important d’avoir le soutien de son conjoint.

En revanche, le reste de mon entourage a toujours été dubitatif ! Ils n’ont jamais compris pourquoi j’ai quitté 3 CDI pour monter une première boîte puis une deuxième, qui plus est dans une période de crise… Et puis, pour ce qui est de mon nouveau job, je crois que mes parents et beaux-parents n’ont toujours pas compris ce que je faisais vraiment. Ils pensent que c’est un hobby, que ce n’est pas un vrai métier et qu’un jour, je vais me remettre à vraiment travailler. Au début, ça me touchait mais maintenant, je passe outre. Je n’ai rien à leur prouver. Mon mari est à mes côtés, les couples que j’accompagne sont très heureux, c’est tout ce qui compte !

Être indépendante me permet de faire évoluer mon métier en même temps que moi et ça, ça n’a pas de prix !

Quel regard portes-tu aujourd’hui sur ton « ancienne vie » ? As-tu des regrets ?

Même si j’ai frôlé le burn-out plus d’une fois quand j’étais salariée, je ne regrette rien. J’ai appris plein de choses, j’ai mûri et j’ai surtout acquis la certitude que je n’étais pas faite pour travailler en entreprise, que je devais créer ma boîte pour être bien… J’ai longtemps pensé que je n’étais pas normale car j’étais incapable de me satisfaire de ce que j’avais. Alors qu’en fait, c’est juste que je n’étais pas satisfaite car je ne pouvais pas être pleinement moi-même. Être indépendante me permet de faire évoluer mon métier en même temps que moi et ça, ça n’a pas de prix ! Alors, c’est sûr, il y a des jours où ce n’est pas facile mais aujourd’hui, je sais que je fais ce que je « dois » faire.

Qu’est-ce qui est le plus difficile pour toi aujourd’hui ?

De travailler le week-end ! Du coup, ma vie privée est impactée. J’ai moins de temps pour moi, pour mon couple… C’est ce qu’il y a de plus difficile et de plus pesant pour moi car avec mon mari, nous sommes assez fusionnels. En 2016, je vais donc faire moins de cérémonies pour pouvoir mieux préserver ma vie de couple et retrouver un meilleur équilibre entre vie perso et vie pro.

Mon objectif dans la vie était de rendre des gens heureux et c’est ce que je fais aujourd’hui !

Te sens-tu plus heureuse et épanouie aujourd’hui ?

Pour moi, très clairement, il y a un avant et un après ! Et je ne reviendrai en arrière pour rien au monde. Je travaille beaucoup (même si j’ai toujours beaucoup travaillé) mais je le fais pour moi et pour les couples que j’accompagne.

Quand je fais une cérémonie et que je vois les yeux des couples briller, je me dis que c’est incroyable ! Mon objectif dans la vie était de rendre des gens heureux et c’est ce que je fais aujourd’hui ! Je côtoie des gens heureux et ça me rend heureuse ! Avant je bossais dans la santé, c’était nettement moins fun…

Et puis, je suis fière de voir que j’y suis arrivée alors que personne (à part mon mari) n’y croyait. Ce que j’ai créé répond aux besoins des gens !

Quels sont tes projets ?

Je suis en train de monter un projet de formation, de cours pour ceux qui voudraient faire la même chose que moi.

L’idée est de professionnaliser le secteur car j’ai énormément de demandes que je ne peux satisfaire. J’ai hâte de rencontrer des gens qui ont les mêmes envies que moi !

Je commence également à développer les baptêmes.

J’ai aussi envie d’écrire un livre… et puis, plein d’autres choses encore ! Mais tout ça prend du temps alors je dois être patiente.

Comment ça se passe financièrement ?

Je ne suis pas millionnaire mais je vis de mon activité. Ce n’est pas juste un hobby et je n’ai pas besoin de faire un autre job à coté. Pour l’instant, je gagne moins qu’avant, quand j’étais salariée, mais je relativise : la plupart des entrepreneurs ne gagnent rien les 2/3 premières années et moi je peux me payer.

Maintenant, je suis curieuse de savoir à quoi va ressembler mon avenir : ça ne fait que 8 ans que je travaille !

Quel regard as-tu sur ton parcours?

Je me dis qu’il s’en est passé des choses… et que je n’ai jamais été aussi bien qu’en ce moment. Maintenant, je suis curieuse de savoir à quoi va ressembler mon avenir : ça ne fait que 8 ans que je travaille !

© Sabrina Dupuy

© Sabrina Dupuy

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