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Changer de vie pour devenir chanteur! Ari officiel

GRAND ECART d’Ari:
De consultant en système d’information à chanteur !

Il y a quelques semaines, j’ai eu la chance de rencontrer et de découvrir Ari. Ari a décidé de changer de vie en quittant son CDI de consultant pour tenter sa chance dans la musique. Aujourd’hui, il nous raconte son aventure. Son titre « Jusqu’à quand? » parle justement de son changement de vie. Au delà de son Grand Ecart, ma rencontre avec Ari est un véritable coup de coeur. J’ai été séduite par sa joie de vivre, son univers et sa vision de la vie. Rencontre avec un mec qui fait du bien (surtout en ce moment). 

 

D’où viens-tu Ari ? 

Je suis né à Madagascar, dans la capitale Tananarive. Mais je suis arrivé en France à l’âge de deux ans. J’ai passé toute mon enfance en Ile-De-France, puis je suis parti pendant cinq ans à Rouen pour mes études post-bac pour enfin revenir en région parisienne.

Quels étaient tes rêves et tes projets quand tu étais petit ?

En fait je crois qu’inconsciemment j’ai toujours eu envie de faire un métier qui sortait un peu du commun et pour cause, le seul métier que j’ai eu envie de faire étant petit était basketteur professionnel. Durant mes années Lycée je jouais en championnat de France. Je pense que ce qui m’attirait d’ores et déjà c’était de faire un métier pour lequel j’étais passionné. L’autre aspect qui m’attirait était celui de voyager , sillonner le pays pour pratiquer cette activité qui me galvanisait.

Quel est ton parcours scolaire? 

Malgré cette première envie que j’ai eue, j’ai fini par faire le choix des grandes études. J’étais plutôt bon à l’Ecole et les Sciences m’ont toujours beaucoup plu. J’ai donc passé un baccalauréat scientifique puis j’ai été dans une école d’ingénieur : l’INSA de Rouen. J’y ai étudié dans le département Architecture des Systèmes d’Information (ASI). Ce qui m’a plu dans ce domaine, plus que les autres (Génie Mathématiques, Energétique, Chimie, Génie Civile, Maîtrise des Risques), c’est le fait de pouvoir directement appliquer chez moi ce que j’ai pu voir en cours. Une fois qu’on a appris les technologie de développement, on peut de sa chambre directement créer des sites, applications, sans gros moyens. J’arrivais à voir concrètement les applications. D’autre part, ayant toujours eu un attrait pour l’entreprenariat, et au vu de l’essor des entreprises digitales, je savais que si jamais je voulais entreprendre plus tard, ces connaissances allaient m’ être plus utiles. Bien que j’ai été au bout de mon diplôme, il est vrai que l’une des choses qui m’a le plus occupé a été de faire des concerts avec mon groupe de soul/funk/jazz de l’époque : « The Peanuts » monté avec les élèves du conservatoire de Bihorel. J’ai sûrement passé autant de temps à réviser mes partiels qu’à faire des concerts (Galas, Mariages, Evénements étudiants, bars et j’en passe) et des séances de répétitions.

Quel métier faisais-tu avant de changer de vie?

Après l’obtention de mon diplôme, il était très facile de trouver un travail, le secteur technologique étant l’un de ceux qui embauche le plus actuellement. J’ai donc été recruté par une grande société de service française pour laquelle j’ai travaillé en tant que consultant pendant deux ans et demi. J’y ai fait deux missions. Une première mission en tant que développeur pour la régie Publicitaire d’M6 et une seconde en tant que fonctionnel pour le projet Linky d’ErDF.

Je sentais que ma créativité était bridée, or pour moi créer c’est vivre. Je me sentais par conséquent prisonnier.

Est-ce que ce métier te plaisait ?

Bien que je n’y sois plus, ce serait mentir que de dire que tout me déplaisait. Il y a quelque chose de paradoxal en fait. Car dans l’absolu les tâches en elles même ne me déplaisaient pas. Coder une application c’est quelque chose d’amusant, la même chose pour la conception ou bien la négociation du chiffrage. En fait ce qui me déplaisait, c’était le cadre dans lequel je devais effectuer ces tâches. Une manière de fonctionner avec des process lourds, prédéfinis, presque immuables ne laissant aucune place à la créativité. Dans ce genre de business, quand on code on code ce qui nous est dit de coder dans les spécifications, quand on conçoit on doit concevoir de telle ou de telle manière. Et je le comprends quelque part, car sur des projets aussi gros, si tout le monde y va de son brin de créativité, alors il serait bien difficile de tenir les jalons. Bien que je ne la condamne pas, cette manière de fonctionner ne me convenait pas. Je sentais que ma créativité était bridée, or pour moi créer c’est vivre. Je me sentais par conséquent prisonnier.

J’ai commencé à rencontrer et travailler avec des auteurs de renoms (Jérôme Attal, François Welgryn …), avec des artistes que j’écoutais quand j’étais au Lycée et en Ecole (Skye, Rose…). Cela m’a donné confiance en moi et en mon projet.

A quel moment as-tu eu envie de changer de vie ? Quel a été le déclic ?

A vrai dire pour ma part, il y a eu une série d’évènements et de réflexions pour aboutir à mon choix. Bien qu’ayant rencontré mon producteur (Hervé Laloupo) en 2012 et signé dans son label (Perkiz Music) pour l’enregistrement d’un album, mon choix de quitter mon job ne s’est pas fait tout de suite. En effet, au départ je me suis tout simplement considéré comme chanceux d’avoir un boulot (CDI qui plus est avec un salaire confortable), ce qui n’était pas le cas de beaucoup de jeunes de mon entourage. Quand je sortais un peu du cadre de mes potes de l’école, je voyais que la plupart galéraient à trouver un travail. Du coup je taisais toutes les questions que je me posais en me disant que j’étais chanceux. Je me pensais sincèrement heureux. Comment ne pas être heureux quand tu arrives à avoir ce que beaucoup n’ont pas? Mais voilà, petit à petit, mon projet à commencer à prendre un peu d’ampleur. Je veillais tard après le boulot pour enregistrer les chansons. J’ai commencé à rencontrer et travailler avec des auteurs de renoms (Jérôme Attal, François Welgryn …), avec des artistes que j’écoutais quand j’étais au Lycée et en Ecole (Skye, Rose…). Cela m’a donné confiance en moi et en mon projet. Et c’est en travaillant sur mon projet que j’ai réussi à prendre du recul vis à vis de ma situation pour me rendre compte que je n’étais pas à ma place. Il a fallu que je lise tout un tas de biographies, que je voyage, que je rencontre des gens qui ont fait le même genre de choix et qui s’en sortent très bien aujourd’hui. Il m’a fallu tout cela pour me dire, « Hey Ari, t’as 25 ans, un diplôme et toutes tes dents, t’attends quoi ? ». Juin 2014 j’écrivais ma lettre de démission, le 5 septembre, je terminais mon contrat.

Peux-tu nous présenter ton nouveau « métier »?

Pour faire court, je suis auteur-compositeur et interprète ! J’écris et compose mes chansons puis les chante !

Il faut savoir vendre, gérer sa com’ web, séduire, créer de nouvelles manière de se promouvoir. Aujourd’hui un artiste qui veut réussir doit avoir une véritable âme d’entrepreneur.

Quel est ton quotidien aujourd’hui ?

Je ne peux pas répondre à cette question, et c’est justement cela que j’aime dans mon quotidien aujourd’hui. Aucun jour ne se ressemble. Certains jours j’écris, d’autres je suis en studio, parfois je tourne des vidéos, parfois je me produis devant un public, d’autre jours je m’occupe de ma visibilité web, de mon concept #arichezvous. Je rencontre de nouvelles têtes tout le temps. Je ne peux pas définir une «journée type» et cela me plaît. Etre artiste aujourd’hui nécessite de posséder un grand panel de compétences. De la créativité à revendre et pas seulement sur la partie artistique même. Etre bon musicalement ne suffit pas. Il faut savoir vendre, gérer sa com’ web, séduire, créer de nouvelles manière de se promouvoir. Aujourd’hui un artiste qui veut réussir doit avoir une véritable âme d’entrepreneur.

Ce qui me donne ma constance et ma force c’est que je suis passionné car les doutes et les échecs font parti du voyage.

Changer de vie Ari

As-tu rencontré des difficultés ? Des doutes ?

Ce serait mentir que de dire que tout va toujours au top et que jamais le doute ne vient frapper à ma porte. C’est loin d’être facile. Faut s’accrocher, continuer de travailler malgré les échecs ou les refus. Mais ce qui me donne ma constance et ma force c’est que je suis passionné, et quand j’imagine le bonheur que ce sera de vivre pleinement de cela, je trouve une énergie considérable. Je reste convaincu d’une chose de toute façon. On ne peut pas arriver à de belles choses en restant dans la facilité, en restant là où c’est confort et cosy. Le Beau nécessite aussi d’avoir connu le dur. Je ne sais pas si vous connaissez « Nus et culottés », ces deux mecs qui partent nus d’un « point A » du globe pour se rendre à un « point B ». Je regardais il n’y a pas longtemps une conférence TED de l’un d’eux : Nans Thomassey. Il y dit une chose forte en y racontant ses péripéties : « Il y a eu de bons moments, mais il y a aussi eu des moments terribles. Je me souviens une fois on a dormi dans une  poubelle ou alors dans un grenier avec des pigeons morts, on essayait de trouver une place parmi les cadavres de pigeons. Des moments de grands doutes où on perd toute confiance et puis quand on arrive à la fin du voyage on se rend compte que chacune de ces expériences était nécessaire pour réaliser notre rêve. ». Les doutes et les échecs font parti du voyage, il faut trouver la force de les transformer en énergie motrice ou en leçon pour avancer et faire confiance. « Be part of the flow » a dit Satish Kumar, « You’ll be able to link all the dots at the end. » disait Steve Jobs.

As-tu été soutenu par ton entourage ?

L’avantage avec ce genre de choix, c’est que quand tu fais l’annonce ça fait directement le tri entre ceux que tu vas pouvoir continuer à voir régulièrement et ceux que tu vas devoir éviter pour le bon fonctionnement de tes projets. Par chance, la très grande majorité de mes proches me soutiennent fort. Je parle de mes parents, mon frère, ma sœur et autres amis proches de l’école. En ce qui concerne mes parents ils ont pris des risques bien plus grands que les miens pour pouvoir se construire une vie ici, alors le choix que j’ai fait au final ne les effraie pas vraiment. Et de me voir tous les jours plus épanoui les ravi. Mais malheureusement il y a aussi des personnes avec qui j’ai dû couper les ponts. Pas que ce soit simple, mais c’est une question de choix. Certaines relations étaient tout simplement nocives. Tu as besoin de personnes qui te soutiennent, pas aveuglément, mais qui sont tout simplement pertinentes. Le négativisme et le cynisme ne sont évidemment pas de bonne compagnie. Le quotidien est assez difficile pour en plus devoir rassurer ou supporter certaines remarques. Il a été important pour moi de faire le «ménage» et ce en dépit de toute la tendresse que j’ai pu et que je peux toujours éprouver pour ces personnes. Mais dans l’ensemble, d’un point de vue soutien des proches, je m’estime chanceux!

Comment ça se passe financièrement ?

Je sais qu’une carrière artistique si elle décolle, ne décolle pas au bout d’un an ! Je sais qu’il faut s’armer de patience. Après ma démission, j’avais le besoin fort de me concentrer uniquement sur ce projet et de me retrouver philosophiquement. J’ai donc vécu huit mois sur mes économies à travailler uniquement sur mon projet. Puis en mai dernier, les économies ayant fondues, il m’a fallut trouver un job qui me laissait le temps de travailler sur mes projets tout en ayant du sens pour moi. J’ai trouvé le bon compromis, je suis aujourd’hui professeur de mathématiques dans un collège en Essonne. Financièrement ce n’est plus du tout la même histoire, mais j’ai du temps pour mes projets, qui avancent à grand pas et c’est cela qui me comble. Ca peut paraître démago, mais je le pense sincèrement, je suis bien plus riche maintenant.

Si tout se déroule bien, mon premier single avec le clip qui l’accompagne devrait sortir courant 2016.

Quels sont tes projets ?

Et bien comme je le disais au début, je travaille sur le premier album. J’ai enregistré un bon panel de chansons. Mais avant de sortir quoi que ce soit, nous travaillons activement avec mon équipe au développement de ma visibilité. Si tout se déroule bien, mon premier single avec le clip qui l’accompagne devrait sortir courant 2016.

Autrement, toujours un tas de vidéos de reprises pour exister sur le web. Prochainement la reprise d’une chanson en malgache tournée à Madagascar et réalisée par un réalisateur malgache qui cartonne pas mal sur le web « Nirina ». En préparation aussi une autre cover que je vais chanter avec mon frère et mon père.

Mais ce qui me prend le plus de temps actuellement c’est le développement du concept #arichezvous. Qu’est-ce que c’est ? Plutôt que de faire encore et toujours des concerts dans des petites salles parisiennes, nous avons décidé de faire des concerts directement chez l’habitant. Aujourd’hui nous en sommes à une vingtaine, nous avons même été demandé à Marseille et Bruxelles. Un site Arichezvous qui permettra de nous demander est en cours de construction, et une «release party» pour fêter la mise en ligne arrivera très prochainement !

Aujourd’hui, quand je regarde mon ancienne vie, je me demande comment j’ai pu tenir aussi longtemps dans ce schéma qui ne me correspondait pas.

Quel regard portes-tu aujourd’hui sur ton « ancienne vie » ?

Quand j’ai démissionné, mon entreprise m’a proposé un deal qui pour beaucoup valait de l’Or. Ils m’ont proposé de faire une année sabbatique. Donc de faire un bilan après un an d’activité et de revenir reprendre ma place. Cela peut paraître hautain, mais je n’ai pas accepté cette proposition. D’une part, je savais pertinemment qu’il me fallait plus d’un an pour que mon projet décolle. Et deuxièmement comment être sûr de tout donner si je sentais cette sécurité derrière moi. Cela aurait été limitant. Je suis d’ailleurs persuadé que je n’aurais pas été aussi créatif si j’avais accepté cette offre. Aujourd’hui, quand je regarde mon ancienne vie, je me demande comment j’ai pu tenir aussi longtemps dans ce schéma qui ne me correspondait pas. J’étais persuadé d’être à ma place, mais je ne m’en veux pas, il m’a fallu le temps pour prendre le recul nécessaire. Je ne suis pas du genre à regretter ou à me lamenter de quoi que ce soit. Je ne regrette pas mon passage dans cette vie bien rangée car j’y ai appris beaucoup, tout comme je ne regrette pas mes études. Au final c’est tout ce vécu qui fait ce que je suis aujourd’hui, et ce même artistiquement parlant.

Vivre ce que je vis aujourd’hui va bien au-delà du confort de pouvoir changer de téléphone tous les six mois ou bien se racheter une nouvelle paire de bottines et un costume toutes les semaines.

As-tu des regrets ? Te sens-tu plus heureux aujourd’hui ?

La seule manière pour moi d’éprouver des regrets serait d’observer ma Vie avec courtermisme et d’un point de vue purement matériel et financier. Effectivement, Il n y a rien à redire là-dessus, sur ces points je ne suis pas gagnant dans l’affaire ! Mais la vie se cantonne-t-elle sérieusement à cela ? Est-il vraiment pertinent de regarder la vie seulement sous l’angle matérialiste ? J’ai mon avis sur la question. Vivre ce que je vis aujourd’hui va bien au-delà du confort de pouvoir changer de téléphone tous les six mois ou bien se racheter une nouvelle paire de bottines et un costume toutes les semaines. Je me sens beaucoup plus épanoui, plus proche de ce que je devrais être, j’ai l’impression en tout cas de m’en approcher chaque jour. J’adopte un mode de vie qui me correspond, complètement fou et passionné. Je n’ai absolument aucun regret d’avoir fait ce choix.

Ce dont je suis sûr, c’est qu’en l’espace d’un an, j’ai appris bien plus qu’en deux ans et demi d’open-space.

En ce qui concerne la suite, ce serait plus qu’arrogant et téméraire d’annoncer tout haut que ce projet marchera, que ma carrière décollera. Cela reste un projet artistique, et malgré tout le travail et la patience dont je fais preuve, au final je ne suis sûr de rien du tout. J’ai beau me concentrer pour prendre les bonnes décisions au jour le jour, tout faire avec le cœur, malheureusement rien n’est garanti. Cela peut paraître fou de l’extérieur, autant d’abnégation pour ne peut-être aller nulle part. Mais c’est une erreur que de penser comme cela, car en fait j’ai déjà gagné. Ce dont je suis sûr, c’est qu’en l’espace d’un an, j’ai appris bien plus qu’en deux ans et demi d’open-space. Dorénavant je n’aurais plus peur de tenter des choses, je n’ai plus peur de l’échec, rien ne me paraît insurmontable. Ce qui n’était pas le cas auparavant. Et puis quand bien même … quand bien même je me vautre lamentablement … Quand bien même cet album ne se vend pas. Qu’est-ce qui me dit que cette aventure n’est pas le début de quelque chose de plus grand encore ?

Changer de vie chanteur


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