Changer de vie pour devenir blogueuse

GRAND ECART de Lyvia:
de consultante en gestion d’entreprises à blogueuse, écrivaine et meneuse de troupes!

J’ai découvert Lyvia et son blog « Jemecasse.fr » par hasard sur internet et j’ai tout de suite adoré sa fraîcheur, sa spontanéité et le ton de ses billets. Lyvia a créé son blog pour l’aider à quitter son job stable et aujourd’hui c’est elle qui aide les autres à oser quitter leur emploi et trouver leur voie. Elle a accepté gentiment de répondre à mes questions et de me présenter sa nouvelle vie. Rencontre. 

Lyvia Je me casse

D’où viens-tu Lyvia ? 

Je suis née et j’ai grandi en Guadeloupe, plus précisément à Bouillante.
J’ai eu une enfance assez douce, la plage était à 10 minutes de la maison et je passais beaucoup de temps dehors. J’étais entourée de ma famille. Oui, ça me manque. Oui, je me demande parfois ce que je fais ici ! (A Londres en plus). J’ai grandi en aimant lire et inventer des histoires. J’étais une bonne petite fille, studieuse, qui ne causait pas (trop) de drames.

Quels étaient tes rêves et tes projets quand tu étais petite ?

Quand j’étais petite, je voulais être écrivain. Puis journaliste. Puis pilote. Pour être honnête, je voulais surtout être quelqu’un d’important qui voyageait beaucoup.

Mais mon rêve était d’être écrivain, et je m’en rapproche (Je crois que j’ai déjà écrit l’équivalent de plusieurs bouquins via JMC). J’ai toujours aimé lire, et l’écriture a toujours fait partie de ma vie.

Quel est ton parcours scolaire?

Tu remarqueras que mon parcours n’a pas grand chose à voir avec mes rêves ! J’ai fait un bac Scientifique, parce que même si j’adorais les livres, j’étais aussi bonne en maths, et « avec ça je pourrais tout faire » d’après mes professeurs. J’ai quitté la Guadeloupe pour Paris quand j’avais 17 ans. J’ai commencé une prépa en maths dans un lycée parisien prestigieux – l’objectif étant de devenir ingénieure. Cela s’est mal passé. Trop de travail, pas assez de temps pour vivre, respirer. Et j’étais très loin de chez moi. J’ai décidé d’arrêter la prépa, et je me suis dirigée vers des études d’économie et de Finance à Dauphine. J’ai suivi un chemin un peu tout tracé, qui me ‘garantissait’ que j’aurais un boulot à la clé… Autant te dire que mes rêves étaient bien enfouis au fond de moi.

Quel métier faisais-tu avant de changer de vie ? 

Après mon master en finance, je me suis installée à Londres, où j’ai été consultante en gestion d’entreprise pendant 3 ans. J’ai travaillé avec de nombreux clients différents, dans des secteurs différents. J’ai eu l’occasion de voyager aussi dans les coins pas très glamour d’Angleterre !

Est-ce que ça te plaisait ?

Les deux premières années étaient très enrichissantes. J’avais commencé avec un grand groupe de personnes de mon âge, et on s’entendait bien. J’ai eu l’occasion de faire des choses différentes, d’être exposée à un monde différent. J’ai rencontré certains de mes meilleurs amis à cette époque… C’est après que cela n’a plus été.

Au fur et à mesure, je réalisais que je n’étais pas à ma place, que quelque chose clochait. Je ne voulais pas vivre la vie de mes supérieurs – certains ne voyaient pas leur famille, étaient sans arrêt en déplacement.

A quel moment as-tu eu envie de changer ? Quel a été le déclic ?

Après les deux premières années, il a fallu commencer à penser à notre avenir dans l’entreprise. Quelle équipe on allait rejoindre ? Comment on voyait notre carrière ? C’est à ce moment que j’ai commencé à me demander si c’était bien la place pour moi. Mais il m’a fallu un an pour décider de partir. Je n’avais aucune idée de quoi faire d’autre. Au fur et à mesure, je réalisais que je n’étais pas à ma place, que quelque chose clochait. Je ne voulais pas vivre la vie de mes supérieurs – certains ne voyaient pas leur famille, étaient sans arrêt en déplacement. J’ai enchaîné les projets ennuyeux, j’ai connu le manque de reconnaissance, et les moments où je me demandais « qu’est-ce je fous là ». J’avais du mal à me lever le matin, je me sentais coincée. Un jour, alors que cela faisait plusieurs mois que je me posais des questions, j’ai décidé d’arrêter de me poser des questions et d’agir. J’avais toujours écrit, du coup j’ai eu l’idée de créer mon blog JMC : jemecasse.fr – le blog qui m’aiderait à me casser, et qui me permettrait d’embarquer des personnes avec moi.

Jemecasse

Est-ce que cette idée a pris du temps ?

La création de JMC a été sur un déclic. Une fois créé, je suis partie en congé sabbatique deux mois après. Mais ce n’est qu’un an après m’être cassée que j’ai décidé que je voulais en vivre.

J’accompagne les personnes qui souhaitent se casser d’un boulot qui ne leur plait plus et créer un métier, une vie qui leur ressemble.

Quelle a été le parcours de ce changement de vie ?

En octobre 2013, j’ai quitté mon boulot, et j’ai quitté Londres pour m’installer à Paris. Je n’avais aucune idée de ce que j’allais faire – à l’époque je n’avais pas du tout pour ambition de vivre de mon site – . J’ai continué à écrire et à rencontrer des personnes. En janvier 2014, j’ai lancé des meetups Je me casse, que j’ai fait une fois par mois pendant toute l’année 2014. Cela m’a permis de faire parler du site, et de rencontrer de nombreuses personnes. Mais je me posais toujours des questions sur ce que j’allais faire de ma vie ! Je ne voyais pas encore comment monétiser JMC.

Je me suis formée au développement web, ce qui a été très stimulant intellectuellement, et j’avais pour projet de développer des sites internet en freelance, en attendant que JMC soit monétisable. Sauf que j’ai réalisé que je n’aimais pas trop développer des sites pour les autres !

En fin 2014, j’ai commencé à accompagner des personnes individuellement, et c’est à ce moment que j’ai décidé de faire de JMC ma vie. J’accompagne les personnes qui souhaitent se casser d’un boulot qui ne leur plait plus et créer un métier, une vie qui leur ressemble. Je n’ai plus un métier, mais je suis plusieurs choses: blogueuse, écrivaine, meneuse de troupes !

En mars 2015, j’ai lancé mon programme de groupe, Des idées à tout casser. Entre temps, je suis revenue à Londres, où j’ai bossé avec une petite startup quelques mois, avant de revenir à 100% sur JMC depuis juillet 2015 !

Ma nouvelle vie était tellement différente de la précédente que je me demandais si je n’étais pas folle.

As-tu rencontré des difficultés ? Des doutes ?

Bien sûr. J’ai eu peur, par moments. Ma nouvelle vie était tellement différente de la précédente que je me demandais si je n’étais pas folle, si c’était la bonne chose à faire.

Au début j’avais des doutes – allais-je y arriver, n’est-ce pas trop risqué ? Mais une fois dans l’action, les doutes s’évaporent. On agit, seulement.

J’ai eu des difficultés, bien sûr. Notamment financières au début. J’ai quitté mon emploi avec peu d’économies, alors j’ai fait des petits boulots pour renflouer les caisses. J’ai surtout donné des cours d’anglais et de maths (ce que j’adore faire !). Le manque d’argent peut être stressant, mais je savais que ce serait temporaire. Même si je pouvais avoir des doutes, j’avais confiance dans le fait que si je m’écoutais, je resterais sur la bonne voie.

As-tu été soutenue par ton entourage ?

Oui, j’ai eu beaucoup de chance de ce côté là. Mon compagnon me soutenait (me soutient) à fond. J’ai quitté Londres pour Paris, où nous avons habité ensemble, ce qui financièrement et émotionnellement a beaucoup aidé. Ma famille a été un peu inquiète au début, mais ils ont vite vu le site grandir et que j’étais à fond sur ce projet. Globalement j’ai beaucoup de chance sur ce plan là.

Je ne travaille pas tous les jours avec la même intensité. Certains jours je travaille 12 heures, d’autres deux. C’est moi qui décide !

Quel est ton quotidien aujourd‘hui ?

Aujourd’hui, je suis entrepreneure à plein temps. Il se divise essentiellement entre écrire pour le blog, et le faire connaître, et travailler avec les participants de mes programmes d’accompagnement. Je fais également de nombreuses rencontres de personnes qui sont sur la même longueur d’ondes que moi, et c’est très stimulant.

Une journée type pour moi : je me réveille à 8 heures, je vais courir une quarantaine de minutes, je mange (des protéines !) et je me mets au travail. En général je commence toujours par l’écriture. Je ne lis mes mails que quelques fois par semaine. Le plus clair de mon temps est consacré à créer. Une partie de ma semaine est consacrée à réfléchir à la croissance de JMC et à ce que je souhaite mettre en place, une autre est consacrée à apprendre, lire, me développer personnellement. Je ne travaille pas tous les jours avec la même intensité. Certains jours je travaille 12 heures, d’autres deux. C’est moi qui décide !

Jemecasse.Lyvia

Quel regard as-tu aujourd’hui sur ton « ancienne vie » ?

C’est comme si j’étais quelqu’un d’autre, qu’il ne s’agissait pas de moi, et que j’avais été placée sur un échiquier. Bien sûr, c’étaient mes choix qui m’y avaient emmenés, mais je réalise aujourd’hui que je n’ai pas souvent pris le temps, avant de me casser, de me poser les bonnes questions : pourquoi je faisais ce que je faisais ? Quelle était ma motivation première ? Quelle était la place de mes rêves ?

C’est une expérience que je suis ravie d’avoir eue, ceci dit, car c’est elle qui m’a permis de me casser, et de réaliser que de nombreuses personnes vivent la même chose, et vivent en suivant un chemin qui a été tracé pour elles.

As-tu des regrets par rapport à cette ancienne vie ? 

Non, je n’ai pas l’impression d’avoir sacrifié quoi que ce soit, j’ai juste choisi. Bien sûr, pendant un moment, j’ai laissé de côté la stabilité financière, mais je sais que je peux l’obtenir en continuant avec JMC – il n’y a rien de ce que j’avais avant que je ne puisse obtenir maintenant si je le souhaite. Même financièrement.

Avant, je ne vivais pas. J’étais en mode automatique, en mode survie. Maintenant, je suis en plein dans ma vie.

Te sens-tu plus heureuse/épanouie aujourd’hui ?

Ce n’est même pas comparable. Avant, je ne vivais pas. J’étais en mode automatique, en mode survie. Maintenant, je suis en plein dans ma vie. Chaque chose que je fais dans la journée, je le fais parce que je l’ai choisi. Il me faut parfois prendre un peu de recul pour réaliser le chemin parcouru, mais je crois que je n’ai jamais été aussi heureuse que maintenant.

Et si c’était à refaire ?

Je referais tout pareil !!!

Jemecasse3

 


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5 Comments
  • La vie qui me ressemble
    novembre 6, 2015

    J’adore Lyvia, c’est un super modèle à suivre. Et quelle générosité ! Son témoignage donne vraiment la pêche !

    • legrandecart
      novembre 6, 2015

      Je partage ton avis! Lyvia est très inspirante.

  • Morgane
    novembre 6, 2015

    Mais c’est Lyvia !! Ravie de te lire et de découvrir ce blog qui m’a l’air fort sympathique. Merci :)
    Morgane

    • legrandecart
      novembre 6, 2015

      Merci beaucoup Morgane! A bientôt

  • Clotilde
    novembre 6, 2015

    Super inspirante ! Merci Lyvia <3 !
    Mon moment préféré : "Ce n’est même pas comparable. Avant, je ne vivais pas. J’étais en mode automatique, en mode survie. Maintenant, je suis en plein dans ma vie. Chaque chose que je fais dans la journée, je le fais parce que je l’ai choisi. Il me faut parfois prendre un peu de recul pour réaliser le chemin parcouru, mais je crois que je n’ai jamais été aussi heureuse que maintenant."
    Un pur délice de lire ça.

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